Histoire des congrès de la FGMM
Le 07/04/2016 à 14h22 par Marie-Eugénie Mougel
Résumé

La Fédération générale des mines et de la métallurgie actuelle est née de la fusion en 1984 de deux fédérations différentes, à savoir la Fédération générale de la métallurgie et la Fédération nationale des mineurs. A l’occasion du 9ème congrès de la FGMM du 26 au 29 avril 2016, nous vous proposons de retracer l’histoire de cette fédération grâce à quelques documents et affiches.

En 1919, lors de la constitution de la Confédération française des travailleurs chrétiens, puis en 1920, lors du vote de la déclaration de la CFTC à l’occasion de son premier congrès, de nombreux militants chrétiens présents sont issus des métiers de la métallurgie. Parmi eux, on retrouve des hommes, tel que Charlemagne Broutin, qui envisagent l’édification d’une structure unifiant les syndicats des métaux ouvriers existants déjà depuis le XIXe siècle. Une équipe se met en place afin de préparer ce qui devient le congrès constitutif de la fédération, le 14 mai 1921. Ainsi nait la Fédération française des syndicats professionnels de la métallurgie et parties similaires. Son premier bureau est composé des membres fondateurs, à savoir Samuel Michaud à la présidence, Charlemagne Broutin et Raymond Patois à la vice-présidence, Ernest Brun et Raymond Patois au secrétariat. Par ailleurs, c’est aussi en 1921 qu’est fondé le Syndicat chrétien d’ouvriers et employés des mines CFTC.

 

Comptant à sa création environ 2000 adhérents, la Fédération de la métallurgie est très vite confrontée aux conflits sociaux qui éclatent alors en France. En 1936, bien qu’elle ne participe pas aux négociations collectives car jugée non représentative (au même titre que la CFTC), son engagement actif auprès des travailleurs entraîne un afflux de nouveaux adhérents, passant en 1937 à près de 18000. Désormais, la fédération est une composante non négligeable et reconnue comme représentative dans le paysage syndical français et elle participe par exemple à la négociation des avenants de l’accord de 1936.

 

Malgré la guerre et la dissolution par le gouvernement de Vichy de toutes les confédérations syndicales (novembre 1940), la fédération de la métallurgie maintient un comité national réduit à trois personnes, puis en 1943 à quinze membres. Dès 1944, un nouveau bureau est élu, comptant notamment Charles Savouillan comme secrétaire fédéral, confirmé lors du 20ème congrès de 1945 relançant officiellement l’activité fédérale.

 

Dès lors, la fédération met progressivement en place un maillage structurant l’action syndicale sur le terrain ; c’est ainsi que l’on voit apparaître à la fois des unions régionales et des branches, permettant d’adapter la politique fédérale à chacun des métiers rattachés à l’organisation. Ce faisant, la fédération de la métallurgie se renforce et connaît une croissance constante de ses adhérents. L’entrée d’Eugène Descamps au secrétariat fédéral en 1952, puis sa nomination en tant que secrétaire général de la CFTC en 1961 place la fédération sur le devant de la scène confédérale, alors en pleine mutation. En effet, la FGM participe activement au débat sur la déconfessionnalisation de la Confédération, et elle vote majoritairement en 1964 pour la transformation de la CFTC en CFDT. En 1965 elle devient la Fédération générale de la métallurgie (FGM) marquant par là sa rupture avec l’ancienne organisation et son adhésion à la toute jeune CFDT.

 

 

 

 

Livret du 20ème congrès de la Fédération des mines CFTC de 1958 (FB/2/1)

 

 

A l’inverse, une majorité des membres la fédération des mineurs CFTC rejette l’idée de transformation de la Confédération. Leur président, Joseph Sauty, décide de ne pas suivre le courant majoritaire et, accompagné des adhérents ayant voté le maintien de la CFTC, choisit de conserver la « CFTC maintenue ». Désormais, il ne reste qu’une poignée de représentants du monde minier au sein de la nouvelle CFDT. Ces derniers décident de s’organiser et en septembre 1965, tiennent le premier congrès de la Fédération nationale des mineurs (FNM), où Edmond Stocki est nommé président et Jean Rechatin, secrétaire général. Ce dernier cède sa place à Jean Kaspar en 1967, qui occupe ce poste jusqu’en 1976 avant sa nomination comme secrétaire général de l’Union régionale d’Alsace.

 

 

 

 

Affiche du 34ème congrès de la FGM du 25 au 28 avril 1968.

(FBA/1/4. Dessinateur : Jean-Claude Hug. Imprimerie : Est-Imprimerie, Metz)

 

 

 

Le contexte social des années 1960 et les crises qui suivent durant les années 1970 voient le discours de la fédération de la métallurgie se durcir, à mesure que la situation socio-économique se dégrade : les revendications traditionnelles s’accompagnent d’un mouvement d’étude de la politique industrielle afin d’élaborer des revendications plus générales. La fédération cherche ainsi, par une meilleure compréhension de l’évolution du monde du travail, à apporter des réponses concrètes aux problèmes de l’époque. Ainsi, la question de la désindustrialisation, ou encore le conflit des LIP deviennent-ils des enjeux clés de la lutte syndicale.

 

Du côté des mineurs, la FNM devient rapidement la deuxième organisation syndicale au niveau national et, en 1979, la première dans les bassins de Lorraine alors touchée de plein fouet par la crise de la sidérurgie.

 

 

 

 

Affiche « Les mineurs seront-les une nouvelle fois les parents pauvres ? […] 25ème anniversaire des nationalisations ». (FBA/3/69. Supplément du journal Mineur CFDT de décembre 1971. Editions d'Alsace, Colmar)

 

 

 

Unies dans leurs combats, les deux fédérations partagent à la fois une similarité idéologique et une complémentarité de métiers, toutes deux regroupant l’ensemble des métiers liés aux minerais et à la sidérurgie. De ce fait, elles opèrent un processus de fusion officiellement acté en 1984 lors du congrès du Creusot. Ainsi nait la Fédération générale des mines et de la métallurgie. Outre la cohabitation de cultures différentes et de profonds changements de structures, la FGMM doit faire face au défi de son temps, à savoir un processus de mondialisation s’accompagnant d’une désindustrialisation progressive des bassins miniers et la poursuite des négociations collectives nationales.

 

 

 

 

Affiche du congrès de la « fusion », à Torcy-Le Creusot du 21 au 26 mai 1984.

Les deux fédérations sont ici rassemblées par l’union de leurs symboles : la lampe de mineur, le marteau-pilon creusotin et l’atome du nucléaire. (FBA/2/1. Imprimerie : Est-Imprimerie, Moulin-les-Metz)

 

 

 

Après avoir fêté ses 90 ans d'existence lors du congrès de Nantes en 2011, la Fédération générale des mines et de la métallurgie se réunit au grand complet pour son 9ème congrès du 26 au 29 avril 2016 à Amiens.

 

 

 

 

Affiche du congrès « anniversaire », 3ème congrès de la FGMM de Lille du 19 au 22 novembre 1991.

(FBA/2/2. Imprimerie : Technodim, Marly)

 

 

 

Pour aller plus loin

 

  • GEORGI Frank : Soufflons nous-même notre forge. Une histoire de la fédération de la métallurgie CFTC CFDT. 1920-1974, Les Editions Ouvrières, 1991.
  • Fonds FB : fonds de la Fédération générale de la métallurgie (1919-2009).
  • Fonds FBA : fonds iconographiques de la FGMM (1919-2009).

 

 

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