Le Manifeste des Douze, 15 novembre 1940
Le 04/02/2016 à 16h10 par Marie-Eugénie Mougel
Résumé

Le régime de Vichy naît le 10 juillet 1940. Dans le cadre d'une politique antilibertaire et anticommuniste, il décrète au mois de novembre la dissolution de toutes les structures syndicales françaises.

Contexte historique

 

Le 9 novembre 1940, le gouvernement de Vichy fait publier un décret annonçant la dissolution immédiate des centrales syndicales. Quelques jours après, le 15 novembre 1940, douze responsables des deux centrales syndicales françaises signent un texte ; il s’agit de Maurice Bouladoux, Gaston Tessier et Jules Zirnheld pour la CFTC, et d’Oreste Capocci, François Chevalme, Albert Gazier, Eugène Jacoud, Robert Lacoste, Christian Pineau, Louis Saillant et Victor Vandeputte pour la CGT. Par ce texte, le syndicalisme français fait publiquement acte de protestation contre le régime mis en place par Pétain et annonce l’entrée en résistance des syndicalistes français.

 

 

 

 

 

 

Manifeste des Douze : page 1 (CH/3/1)

 

 

 

 

Présentation du document

 

L’appellation de Manifeste des Douze a été attribuée a posteriori, le titre originel étant "Principes du syndicalisme". Son titre a été choisi en référence au texte publié en 1937 par Léon Jouhaux, alors Secrétaire général de la CGT, et intitulé "Le syndicalisme français". Ainsi, il assure une certaine filiation avec cette tradition d’un syndicalisme indépendant, mais soucieux de participer aux débats de son temps. L’objectif de ce texte, outre de faire acte de "résistance", est de montrer le dynamisme du syndicalisme français et sa volonté de perdurer malgré l’interdiction du régime de Vichy.

 

 

 

 

 

Manifeste des Douze : page 2 (CH/3/1)

 

 

 

 

Dans une première partie, le texte retrace le passé du mouvement syndical, affirmant « qu’il ne peut être question de renier le passé » et que seul le syndicalisme français a lutté par le passé pour le droit des travailleurs. L’analyse du « présent » est ensuite l’occasion d’une autocritique partagée par les deux Centrales, CGT et CFTC, ouvrant sur la dernière partie appelant à continuer la lutte, quitte à entrer en clandestinité, toujours selon les principes « universels » rappelés ici : anticapitalisme, lutte pour le bien commun, « respect de la personne humaine, en dehors de toute considération de race, de religion ou d’opinion ». Le texte n'hésite pas à employer des mots durs dans sa critique de la classe politique, qualifiant l'homme politique de « taré ou incapable ».

 

 

 

 

 

Manifeste des Douze : page 3 (CH/3/1)

 

 

 

 

Si les revendications et les solutions proposées ne sont pas nouvelles, la signature des représentants des deux Centrales préfigure les luttes communes à venir entre la CFTC -puis la CFDT- et la CGT, « pour défendre le syndicalisme français, […] pour éviter le chômage et la misère, pour sauver [les] libertés ». De 1940 à 1945, cette résistance s'incarne au sein du Comité d’études économiques et sociales, organisme clandestin où travaillent en collaboration des militants des deux Centrales dissoutes.

 

 

 

 

 

Manifeste des Douze : page 4 (CH/3/1)

 

 

 

 

 

Manifeste des Douze : page 5 (CH/3/1)

 

 

 

 

Manifeste des Douze : page 6 (CH/3/1)

 

 

 

 

Pour aller plus loin

 

  • ADAM Gérard, La CFTC, 1940-1958. Histoire politique et idéologique, Paris, Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, 1964.
  • MARGAIRAZ Michel, TARTAKOVSKY Danielle (dir.), Le syndicalisme dans la France occupée, Rennes, Collection Histoire, Editions des Presses universitaires, 2008, 508 p.
  • CH/3/1-CH/3/11 : la CFTC durant la Seconde Guerre mondiale (1940-1945).
  • Série CP : fonds personnels des anciens responsables de la CFTC-CFDT.
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